Dans le long conflit qui secoue l'usine francilienne de l'Imprimerie Nationale, le vote des salariés de l'usine intervenu suite à la présentation d'un protocole de sortie de crise suscite bien des interrogations. Sur les 113 salariés appelés à se prononcer, 3 n'auraient pu le faire, étant malades. 110 ont donc été concernées par le vote. Las, 79 seulement se sont prononcées : 39 pour la reprise du travail, 37 contre et 3 s'abstenant. En dehors des salariés persona non grata qui n'auraient même pas pu accéder au site et dont le nombre suscite la polémique, le vote, organisé par les syndicats et intervenu entre mardi soir et mercredi en fin de matinée, s'est techniquement déroulé de façon exemplaire, à bulletin secret et sans accroc. Son résultat cependant laisse les observateurs de la vie syndicale pantois : le résultat majoritaire n'a finalement pas été enterriné. Si dans certains cas - pressions supposées du patronat notamment lors de votes organisés par les directions d'entreprises - le refus de résultats serrés pourrait se comprendre, dans le cas de Choisy il n'en est rien, les syndicats ayant eu la totale responsabilité de l'organisation du scrutin. De telles pratiques, si elles s'appliquaient à la vie politique, auraient des conséquences cocasses si ce n'est inquiétantes : quid en effet de l'élection de Valéry Giscard d'Estaing en 1974 et de celle de François Mitterrand en 1981 : refusées ? |